THE FOUNTAIN

Clint Mansell (2006)




The Fountain ne permet la respiration, les larmes non plus, et arrache aux derniers instants d'espoir...

Tout est fini. Il n'y a plus, et flotte cet air de disgrâce. Toute imagination post-apocalyptique ne renfermerait autant de résignation, et dans ces quelques mots, tout est parti. Les ondes sonnent comme les pas d'un mort-vivant arpentant cimetières, tombes ouvertes, chairs décomposées. N'y a-t-il pas cette senteur écœurante, cime de l'affliction, alors même l'acrimonie s'en s'est dispersée et coule d'érosions en évaporations, le cœur et la sève des veines. Sous les pieds et à l'horizon, un sentier de croix aux allures soyeuses, comme la descente corporelle, la légèreté de la matière aux rêves de grâce et d'infini...

L'arbre de la vie, ou comment supporter la destruction du temps...

Mon élan se crash, ma folie exalte et chute, de pierre en pierre l'édifice, devant l'édifiante sonorité d'achèvement, se morcelle et selle le sort ; l'overdose de conscience entraîne ; dans l'enchantement d'un manège endiablé, emporté spiralement dans les tourbillons du vide ; le chaos psychique, l'apaisement mortuaire, de regrets en regrets, d'amertumes et amertumes, profanant les tombeaux de l'esprit, comme le foudroiement d'un orage spatial ou solaire ; les serveurs flanchent, les neurones se fendent, et le désordre précipite...

au milieu des flocons tournoyants, les hallucinations font merveilles, le noir du ciel rend bleuté, le transparent de la pluie se tache de rouge ; à moins que ce ne soit une douce première neige, pureté sans faille, plutôt mirage, rêve de plusieurs pages en arrières, de toute façon ternie, terne, ternie couleur boue, de bout en bout dans les entrailles des cris de crises mélancoliques.

Effectivement, il faut noter ce détail de plomb, Clint Mansell s'est servi de Kronos Quartet et Mogwai pour réaliser cette œuvre qui culmine dans les profondeurs les plus en perte. Une sorte d'ode au vide, loin de la machine qui tourne et les clowns qui mettent leur langue ; atmosphère de sérénité sous un coulis de peur, il suffit simplement de se laisser happer, ne pas faire enchérir ses considérations futiles qu'on s'impose, ainsi admettre que toute exemple de vie ici-bas n'en est pas ; il serait temps...

Quand l'ombre revient à hauteur, quand la conscience tient à l'heure, quand la réalité parvient aux malheurs, quand encore dans la vision survient la peur, quand simplement les heures passent, dans leurs actions véridiques, The Fountain devient l'essence même de l'évidence ; avis à la minorité perdue.

Finish it.


/t.



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